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Transmission poison

Théâtre / radio/ luttes : créer des intersections

La radio a été l’un des premiers moyens de communication capable de combiner immédiateté et distance. Pour beaucoup d’entre nous, elle a été une compagne essentielle durant ces mois d’isolement dus à la pandémie Covid. La pratique artistique d’Adeline Rosenstein découle de longues périodes d’investigation, d’heures de conversations qu’elle transpose généralement en texte et en performances théâtrales. Dans ce nouveau format conçu pour le festival, l’artiste, assise à une table face au public, retrace une enquête qui se déroule dans trois contextes différents et au fil de trois générations de militantisme, alternant entre sa propre voix et des enregistrements de dialogues originaux.

Le théâtre devient une station de radio qui émet le son en direct. C’est ce qui fait de ce projet une double expérience : d’un côté une performance théâtrale – chaque jour différente – pour les spectateur·rices dans la pièce et de l’autre, une émission radio en direct pour les auditeur·rices à la maison. La radio n’est pas une voix détachée d’un corps mais une voix qui prend corps et se déplace sous différentes formes.

Transmission poison est une série d'émissions radio consacrées à trois femmes de trois générations différentes, ayant participé aux mouvements parmi les plus progressistes de leur temps, dans des contextes politiques très différents : l’une est née au Cap Vert, l’autre en ex-Allemagne de l’Est d’un père Guinéen et d’une mère allemande, la troisième en France d’un père russe et d’une mère française.

Elles n’ont rien en commun sauf peut-être une lutte contre le monde de « l’Homme Blanc » menée à différents moments de leur vie de gauche, de culture et de mouvement. Elles auraient pu être de la même famille d’exilées, des promesses non-tenues de 3 libérations. Fille du droit des peuples, en lutte contre l’empire coloniale portugais ; fille de la dénazification de l’Europe en lutte contre le racisme de gauche ; fille de la chute du mur en lutte contre le néolibéralisme, le colonialisme, le racisme de gauche ; ce sont des femmes qui n’écrivent pas ou du moins, pas encore. Du moins ne jugeaient-elles pas que ce fût à elles d’écrire au moment où nous enregistrions l’entretien.

Elles ont pourtant des connaissances utiles aux changements du monde aux métamorphoses intimes et non moins décisives, qu’ils présupposent.

Nous voulions inviter ces femmes en lutte à fabriquer une archive sonore dans une optique de transmission d’expériences combatives. Un lieu où parler un jour entier, où se taire sans questions. Ces émissions sont une suite d’extraits de ces enregistrements.

 

Contre l’équation fallacieuse : « humanité = lâcheté », contre le partage de la démoralisation-poison, les récits de ces femmes nous redonnent des forces. Transmission poison – transformation. » / Adeline Rosenstein

Crédits :

Création KunstenFestival des arts | mai 2021

Présentation : Kunstenfestivaldesarts-Les Halles de Schaerbeek

Réalisation : Adeline Rosenstein, David Stampfli, Hanna El Fakir
Assistante & voix off : Marie Devroux

avec  Lilica Boal, Jeanne Maddy, Talu
Montage, mixage : David Stampfli, Hanna El Fakir

Recherche & collaboration : Jean-Michel Chaumont, Crisanto Barros, Saphia Arezki, Anouschka Trocker

Traductions : Zoé Craeye & Diogo Queiroga (portugais), Muriel Weiss (allemand)

Production : Maison Ravage

Commande du Kunstenfestivaldesarts en coproduction avec Les Halles de Schaerbeek

Remerciements : T2G Théâtre de Gennevilliers - Centre Dramatique National – RadioPanik – Radio Campus

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